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24e anniversaire du naufrage du Joola : Ziguinchor se recueille, les familles réclament une journée fériée

il y a 5 jours
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Ziguinchor, le 26 septembre 2026 – Vingt-quatre ans après la disparition du ferry Le Joola, le Sénégal commémore ce samedi l’une des pires catastrophes maritimes de son histoire.

À Ziguinchor, où le navire avait appareillé le 26 septembre 2002 avant de sombrer au large des côtes gambiennes, une cérémonie officielle se tient en présence du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, qui préside personnellement les hommages.

Une commémoration sous le signe du recueillement national

La mobilisation des autorités est à la hauteur du traumatisme. Dès le 10 septembre, lors du Conseil des ministres, le président Bassirou Diomaye Faye avait instruit le gouvernement de prendre « toutes les dispositions nécessaires » pour assurer le bon déroulement des cérémonies. Il avait particulièrement insisté pour que les familles des victimes et les rescapés puissent accéder « systématiquement » au Musée national dédié au Joola, érigé à Ziguinchor, ainsi qu’aux différents lieux de mémoire.

Le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, avait pour sa part appelé les autorités religieuses et coutumières à organiser des prières en mémoire des victimes et des disparus. L’Église catholique a relayé cet appel en programmant une veillée et des messes les 25 et 26 septembre, avec un temps fort au mémorial.

Dans ce contexte, le préfet de Ziguinchor, Latyr Diaye, a demandé le report d’une marche prévue le même jour par le collectif « L’Heure est grave pour la Casamance », invoquant la coïncidence avec la cérémonie officielle. Le collectif a accepté de décaler sa mobilisation, qui portait sur le démarrage des travaux du pont Émile Badiane, et s’est associé aux prières pour les disparus.

Des revendications toujours vivaces

Si le recueillement domine, la commémoration reste aussi un moment de rappel des doléances des familles. Au premier rang de celles-ci figure la demande de faire du 26 septembre une journée fériée. Cette revendication, portée de longue date par l’Association nationale des familles des victimes et rescapés du Joola, a été réitérée à maintes reprises, notamment par son président Boubacar Ba lors de l’ouverture du Mémorial-Musée en 2024.

Les familles réclament également le renflouement de l’épave, une promesse qui « tarde à se réaliser », ainsi que l’érection d’une stèle à la Place du Souvenir à Dakar portant les noms de toutes les victimes. La question de la justice reste en suspens : malgré les enquêtes ayant mis en lumière les négligences qui ont conduit au drame, aucun procès n’a jamais eu lieu, une situation que les familles qualifient de « deuxième naufrage ».

Un drame hors norme

Le bilan officiel fait état de 1 863 morts et disparus, pour seulement 64 rescapés. Le navire, qui assurait la liaison entre Dakar et Ziguinchor, transportait près de 2 000 personnes alors qu’il n’était homologué que pour 580 passagers et membres d’équipage. La surcharge, les conditions météorologiques difficiles et le fonctionnement défaillant du bateau – qui naviguait avec un seul moteur selon plusieurs témoignages – sont au cœur des analyses de la catastrophe.

Vingt-quatre ans plus tard, le Musée mémorial du Joola, inauguré en 2024 sur les berges du fleuve Casamance, incarne la volonté de « lutter contre l’oubli ». Il abrite des reliques tirées de l’épave – habits d’enfants, montres, colliers de perles – et retrace l’histoire de cette tragédie pour les générations futures.

Un devoir de mémoire à consolider

Pour les autorités comme pour les familles, la commémoration du 24e anniversaire doit dépasser le seul cadre du souvenir. Le ministre Yankhoba Diémé a souligné la nécessité de « tirer les enseignements » du naufrage afin de renforcer la sécurité maritime et de prévenir la répétition de telles tragédies. À Ziguinchor, l’heure est au recueillement, mais aussi à l’exigence de vérité et de justice, portée par des familles qui, vingt-quatre ans après, n’ont rien oublié.


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