top of page

El Malick Ndiaye alerte sur la situation du Sénégal : « J'ai peur pour le pays »

il y a 4 jours
2 min de lecture

En déplacement en Italie, le premier vice-président de l'Assemblée nationale et responsable de Pastef a vivement critiqué l'évolution politique et économique du Sénégal depuis la rupture entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.

C'est devant les militants de Pastef Italie, réunis ce samedi à Villongo, qu'El Malick Ndiaye a choisi de briser le silence. L'ancien président de l'Assemblée nationale, aujourd'hui premier vice-président de l'institution, a livré une analyse sans concession de la situation du pays, affirmant que « le Sénégal est en pause » et que « tout est à l'arrêt, sauf la transhumance à outrance ». Des propos d'une gravité rare, qui interviennent dans un contexte politique particulièrement tendu.

Un contraste saisissant avec la période Sonko

Pour El Malick Ndiaye, la rupture entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, consommée en mai 2026, marque un tournant funeste. Il dresse un bilan élogieux de la période allant de 2024 à mai 2026, évoquant « deux ans, zéro scandale », le blocage des prix et même des baisses, ainsi qu'un Sénégal « respecté dans le monde ». Selon lui, quand Ousmane Sonko dirigeait le gouvernement, « même les chefs de service n'osaient pas faire ce qu'ils voulaient avec ce qui leur a été confié ».

Mais la donne a changé. « Malheureusement, depuis que le commandant de bord a quitté le navire, les vannes ont été ouvertes », déplore-t-il, avant de lâcher : « Ce qui est en train de se passer est extrêmement grave » et « J'ai peur pour le Sénégal ».

Des nominations qui suscitent l'indignation

El Malick Ndiaye s'en prend également aux conditions dans lesquelles certaines nominations auraient été effectuées. « Pour certaines nominations, si vous saviez les soubassements, vous seriez médusés », affirme-t-il, évoquant des responsables nommés à des postes pour lesquels ils ne disposeraient pas des diplômes requis, certains n'ayant que le BAC. Il dénonce aussi des directions publiques « cannibalisées » qui avaient été redressées sous Sonko et qui, selon lui, laissent aujourd'hui à nouveau à désirer.

Le retour du « système » et l'inquiétude des bailleurs

Pour l'ancien ministre des Transports, le « système » qu'ils combattaient est de retour aux commandes. « Ceux qui composaient ce système sont de retour et ont subtilisé notre projet (Tarawaliss) et nous font un pied de nez en faisant en sorte que la séparation soit plus nauséeuse », accuse-t-il. Une situation qui, selon lui, inquiète jusqu'aux bailleurs internationaux, qui auraient perdu confiance dans le pays.

Un contexte politique explosif

Ces déclarations interviennent alors que le Sénégal traverse une crise politique majeure. Le 22 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a limogé Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, mettant fin à une alliance qui avait porté Pastef au pouvoir en 2024. Depuis, Ousmane Sonko a été élu président de l'Assemblée nationale, tandis qu'El Malick Ndiaye, après avoir démissionné du perchoir pour lui laisser la place, a été élu premier vice-président en juin 2026.

Cette prise de parole d'El Malick Ndiaye, l'un des responsables les plus en vue de Pastef, sonne comme un avertissement. Elle révèle l'ampleur des fractures au sommet de l'État et les inquiétudes profondes qui traversent la majorité. Pour beaucoup d'observateurs, le Sénégal entre dans une zone de turbulences dont nul ne peut prédire l'issue.


Commentaires


bottom of page