À l'instar de BB Diène, le lutteur guinéen Boy Dakar arrêté pour usurpation d'identité nationale : un registre suspect de la mairie de Bourguiba saisi

Quelques jours après Reug Reug, un autre lutteur vient d'être arrêté. Il s'agit de Babacar Diallo alias Boy Dakar. Mais si le Thiaroyois est tombé pour détention de faux billets, le « Dakarois », lui, est poursuivi pour détention et usage d'un faux document administratif et obtention indue de documents administratifs.
Boy Dakar est en garde à vue dans les locaux de la Sûreté urbaine de Dakar, qui mène l'enquête. Il a été coincé à la suite d'investigations de la Direction de l'automatisation du fichier (DAF) révélant que le mis en cause, né en 1991 à Dakar, est l'objet d'une déclaration de naissance faite à l'état civil de Bourguiba, sous le numéro 2468 de l'année 1993, et dont le père est de nationalité guinéenne.
Selon Libération, en explorant le registre n°2468 de l'année 1993 de l'état civil de Bourguiba, les limiers de la DAF ont constaté que la déclaration de naissance de Boy Dakar présente de graves anomalies : « le registre n'est ni numéroté, ni paraphé, ni clôturé, ni authentifié. Mieux, il y a un problème de pagination : la première page commence par le n°2433 et la dernière porte le n°2599. »
Pire, renseigne le journal, « le registre comporte des ratures et des traces de correcteur. Et la page n°2468, censée appartenir à Babacar Diallo, a été d'abord surchargée, ensuite effacée avec du correcteur. La déclaration porte le nom de D. Diagne, née le 20 décembre 1982. Au bas de la page figure également le numéro d'identification d'un dossier, renseigné comme étant délivré par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar, le 15 septembre 1992. »
Face à ces anomalies, la DAF a saisi le registre en question et a convoqué Boy Dakar. Interrogé, il a soutenu, selon le journal, que « seul son père détient les informations relatives aux circonstances de sa déclaration de naissance ».
Son père, convoqué, a dit ne pas être au courant du jugement n°1772 de l'année 1993. Il a soutenu avoir fait la déclaration de son fils à l'état civil de Bourguiba et avoir récupéré les documents y afférents trois jours après.
La DAF lui a fait savoir que, contrairement à ses déclarations, Babacar Diallo doit son identité à un jugement transcrit le 28 décembre 1993 au niveau de l'état civil de Bourguiba. Il a nié toute implication dans ce jugement, soutenant n'avoir jamais entamé une quelconque procédure dans ce sens pour son fils.
L'enquête se poursuit.
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