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Installation du Conseil consultatif de la jeunesse du Sénégal : le président Faye appelle les jeunes à « sortir des écrans », un activiste lui répond publiquement

il y a 1 jour
3 min de lecture


Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement installé ce mardi les 1 227 membres du Conseil consultatif de la jeunesse du Sénégal (CCJS) lors d'une cérémonie tenue au Grand Théâtre national de Dakar.

L'instance, présentée comme un cadre de dialogue institutionnalisé entre la jeunesse et les pouvoirs publics, couvre l'ensemble des 46 départements du pays.

Une institution pensée comme « interlocuteur » de la jeunesse

Créé par le décret n° 2025-1962 du 5 décembre 2025, le CCJS remplace l'ancien Conseil national de la jeunesse du Sénégal. Il compte 1 088 conseillers communaux, 92 conseillers départementaux, 28 conseillers régionaux et 19 représentants nationaux, âgés de 15 à 35 ans et désignés par leurs pairs. Son président, Mbaye Kébé, a été élu le 28 juin dernier.

Dans son allocution, le chef de l'État a clairement défini la vocation de l'institution : « Vous êtes désormais l'interlocuteur de l'État, des ministères et de leurs partenaires sur toutes les questions relatives à la jeunesse. » Il a demandé au Conseil de se prononcer sur les questions d'orientation professionnelle, de formation professionnelle et de compétences numériques.

Le président a particulièrement insisté sur la qualité des contributions attendues : des avis « précis, documentés et opérationnels », au service de la mise en œuvre de l'Agenda Sénégal 2050. « Vos contributions seront lues, et je vous recevrai chaque fois que la situation l'exigera », a-t-il promis.

Le président épingle les réseaux sociaux : « Ne vous cachez pas derrière votre téléphone »

Lors de son discours, Bassirou Diomaye Faye a adressé une mise en garde directe aux jeunes sur leur usage des réseaux sociaux. Il a explicitement cité TikTok, Telegram et Instagram, qualifiant ces plateformes de « chronophages » et soulignant qu'elles ne sauraient remplacer l'acquisition de connaissances.

« Aujourd'hui, beaucoup se cachent derrière leur téléphone et leur clavier pour tenir des propos qu'ils n'oseraient pas assumer en face-à-face », a averti le président. Il a néanmoins rappelé que le débat et la contradiction restent légitimes : « Le débat, oui. La contradiction, toujours. Mais le mensonge et l'insulte, jamais. »

Le chef de l'État a également invité la jeunesse à un usage responsable de l'intelligence artificielle, la présentant comme un outil et non comme un substitut : « Un cerveau qui ne travaille plus s'atrophie, comme un bras que l'on ne lève plus. »

Toussaint Manga : « Sans les réseaux sociaux, vous ne seriez pas président »

Les propos du président ont rapidement suscité des réactions. L'activiste politique et membre de PASTEF, Toussaint Manga, a publié sur Facebook une réponse cinglante.

Manga a d'abord concédé, non sans ironie, que les réseaux sociaux « consomment effectivement du temps », avant de demander : « Avez-vous mesuré la place des réseaux sociaux dans l'économie numérique ? »

Poursuivant sa démonstration, il a interrogé la cohérence du chef de l'État : « Par souci de cohérence, ne devriez-vous pas d'abord supprimer vos propres comptes Facebook, Instagram et Twitter, ainsi que ceux des institutions officielles ? » Il vise notamment les comptes personnels et officiels du président, de la Présidence, du gouvernement et de ses alliés.

L'activiste a surtout rappelé au président le rôle des plateformes dans son propre parcours politique : « C'est grâce aux réseaux sociaux que des citoyens ont fait votre promotion, accru votre notoriété et vous ont élu président. Ne l'oubliez jamais. »

Toussaint Manga, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE), avait été limogé en juillet 2026. Depuis, il critique régulièrement l'action du gouvernement Faye, accusant ce dernier de marginaliser « les militants des premières heures » et affirmant que « ce pouvoir n'appartient pas à un seul homme ».


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